1824 fait partie de ces années marquées par un printemps très humide, suivi de vagues de chaleur et d’un automne pluvieux. Dans les marais briérons, cet excès d’eau stagnante a démultiplié la présence des moustiques provoquant une explosion de fièvres intermittentes avec l’été, la « fièvre des marais », typique du paludisme.

De plus, les coupeurs de mottes de tourbe et les habitants vivent en vase clos et boivent l’eau du marais ou des puits qui sont facilement contaminés, ce qui aggrave la propagation de la maladie
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Pour nos aïeux Pierre AOUSTIN et Jeanne JOALLAND, jeunes parents d’une trentaine d’années, l’été va être tragique…

Pierre et Jeanne ont alors 5 enfants:
- François, 9 ans, que l’on retrouvera marin sur le trois-mâts l’Aurélie en Martinique. Il est notre aïeul et père de Marie Désirée AOUSTIN:

- Jean, 7 ans, futur charpentier sur les navires en construction dans l’estuaire de la Loire
- Anne, 5 ans
- Denis, 3 ans
- Jeanne, 9 mois
Le 20 juillet 1824, la petite Anne décède à 7 heures du soir. Le surlendemain matin, le 22 juillet, son frère Denis décède à 7 heures. Dix jours plus tard, le 1er août, Pierre AOUSTIN vient cette fois déclarer le décès de la petite Jeanne. Accablé par cette triple épreuve, il est cette fois accompagné à la mairie par son propre père François AOUSTIN, 62 ans.
Cette année-là, la fièvre des marais fait de nombreuses victimes; 81 décès dans l’année, au lieu d’une cinquantaine habituellement. Au-delà de la 20aine de décès de nourrissons de moins de 1 an qui n’est pas inhabituelle, on dénombre plus de 30 décès d’enfants âgés de 2 à 14 ans, dont la grande majorité ont moins de 7 ans.

par JB MONTFALCON, 1824
L’année suivante naît Jacques, mais il ne vit que 2 semaines en septembre 1825.
Puis vient Généreux, en 1827, pour une petite année, jusque mai 1828. Saint-Joachim comptabilise cette année-là le double de décès comparativement aux années précédentes. Sur plus de 100 décès en 1828, la moitié est concentrée en mars et avril, ce qui ne correspond pas à la période de la fièvre des marais, qui se propage avec la prolifération des moustiques l’été. Peut-être s’agissait il cette fois d’une maladie infantile telle que la variole, fréquente aussi à l’époque.
- Abel Honoré naît 14 ans après son ainé François et sera lui aussi marin. Il meurt également en mission, « subitement dans son lit« , alors qu’il est sur le trois-mâts Sphère au Royaume-Uni, à Liverpool en 1874.
- Naissent ensuite des jumeaux, Etienne (1832-1912), autre marin, et Anne (1832-1866), cultivatrice et femme de charpentier qui viendront compléter la fratrie.
La fratrie AOUSTIN sera au final constituée de 5 garçons – 4 marins et 1 charpentier de navires – et 1 fille.
Source photo initiale: Dr. Giuseppe Mazza
