Au Chariot d’Or avec les PRAT, négociants cantalous, de 1808 à 1847 (4/9)

Plan cadastral – hameau de Balizy – 1811

Le 16 mai 1808, Marie Madeleine MONTGOBERT (1754 – 1809) épouse d’Etienne CHARPENTIER (1741 – 1809) achète une des deux habitations du Chariot d’Or, composé de 3 chambres avec un jardin qui appartenait à Louise Prudence RADOT fille GRANDIN épouse MAILLET, tel que transcrit dans les archives notariales de Maître MALLET à Longjumeau:


[Mme MONTGOBERT sera représentée ensuite en 1848 par Mr BUISSON]

Etienne CHARPENTIER est meunier au moulin de Gravigny:

Moulin de Gravigny (cent ans plus tard)

La semaine suivante, le 23 mai 1808, Louise Prudence RADOT vend la propriété restante du Chariot d’Or que nous connaissons; elle est rachetée par Pierre PRAT pour la somme de 3,000 francs selon l’acte passé devant Maître GUILBERT, notaire à Saint Denis. Pierre PRAT paie 1,000 francs au comptant. Une inscription de 2,000 francs est réalisée le 16 juin 1808 (Volume 16 Numéro 677) qui sera rayée le 1er août 1811 suite au paiement des 2,000 francs effectué le 26 août 1808.

L’expédition de ce contrat a été transcrite au bureau des hypothèques de Corbeil le 16 juin 1808:

Acte de mutation de 1808 (Volume 98 Numéro 1426) : 4Q1/855 du 30 mai au 18 juillet 1808

Jacques MONTGOBERT, son épouse Anne-Germaine NARJEAU et leur fils Louis Jacques qui étaient locataires de la famille MAILLET, les anciens propriétaires, deviennent ainsi les locataires de Pierre PRAT, bourgeois de Saint-Denis:

Cousinage MONTGOBERT entre Marie Madeleine et Jacques, voisins au Chariot d’Or


En 1817, Anne-Germaine, 68 ans, est veuve de Jacques MONTGOBERT et est recensée avec son fils Louis Jacques 46 ans à Longjumeau (6M/174 – page 71/88):

https://archives.essonne.fr/ark:/28047/hkqnjz8p520w/e03a3fbb-50f6-4410-88e8-b4cc24629e06

Les conditions de vente stipulent des travaux de séparations qui sont retracés dans l’acte de vente ultérieur de 1848:

On peut donc raisonnablement dater une reconstruction du Chariot d’Or vers 1808.

Signatures de Pierre PRAT et Françoise BROUSSE
lors de leur mariage en 1813

Pierre PRAT (1770 – 1820) épouse Françoise BROUSSE (1769 – 1836) – cinq ans après avoir acheté le Chariot d’Or – le 14 juillet 1813 à Lascelle, le petit village du Cantal à 15 kilomètres d’Aurillac où ils sont tous deux nés et ont grandi dans leurs familles respectives.

L’Auvergne, Cantal, Vallée de Mandailles, Lascelle, entrée du village

C’est lors de leur mariage en 1813 qu’ils déclarent officiellement la naissance de leurs deux filles, qui ont déjà 7 ans et 10 ans: Françoise Pierrette Alexandrine PRAT l’ainée est née en 1802 à L’Isle-Adam – dans ce qui deviendra le département du Val d’Oise – et Gabrièle Caroline PRAT en 1805 à Levainville dans l’Eure. Sur l’acte de naissance en 1805 de cette dernière, il est indiqué que « les parents se sont mariés à Lascelle dans le canton d’Aurillac dans le courant du mois de Messidor de l’an IX » soit en juin-juillet 1801 mais c’était inexact car leur mariage a eu lieu après la naissance de leurs enfants. Toutefois, dans l’acte de vente de 1848, il est indiqué que le notaire Maître CHARMES d’Aurillac a reçu la minute de leur contrat de mariage le 15 Messidor an IX.
Leur « résidence ordinaire » de l’époque est à Paris au 47 rue Guénégaud dans le VIème arrondissement. Ils n’habitent donc pas au Chariot d’Or même s’ils en sont les propriétaires.

Pierre PRAT est indiqué marchand de fer en 1802 puis négociant à Aurillac. Il commerce probablement entre le Cantal et l’Ile de France. Françoise PRAT, sœur de Pierre, épouse un chaudronnier. De même les sœurs Gabrielle et Catherine de son épouse Françoise BROUSSE, épousent respectivement un chaudronnier et un ferrailleur. Nous sommes cette fois non plus avec des familles d’hôteliers comme l’étaient les GRANDIN mais des négociants et fabricants dans la métallurgie.

Dans les archives de Longjumeau, la matrice de rôle pour la contribution cadastrale (3P/2794 – page 89/131) de 1817 nous donne l’étendue d’une autre propriété de Pierre PRAT, qui constitue une surface d’environ 58 perches et 10 mètres soit près de 3000 m2. Ceci comprend une habitation avec des bâtiments et une cour de 19 perches (1000 m2), des terres (1200 m2), des terres plantées ou jardin potager (400 m2), de la vigne (250 m2) ainsi qu’une mare d’environ 60 m2:

Il est à ce titre redevable de 64 francs et 29 centimes d’impôts.

Le tarif est défini selon la nature de la propriété:

La fille cadette de Pierre PRAT et Françoise BROUSSE, Gabrielle Caroline PRAT (1805 – 1872), se marie en 1830 à Aurillac avec Antoine LAVIALLE (1792 – 1880), de 13 ans son aîné, qui est percepteur des contributions directes de Saint-Simon, village à 10 kilomètres de Lascelle sur la route d’Aurillac.

Lors de ce mariage, le père de la mariée, Pierre PRAT, est déjà décédé depuis 1820, à Saint Denis. Sa mère, Françoise BROUSSE, décède 6 ans plus tard en 1836 à Aurillac rue Marcenague, « chez LAVIALLE l’ainé » dans la demeure de Pierre LAVIALLE, 39 ans, également percepteur des contributions directes et peut être un des frères de son gendre Antoine LAVIALLE.

L’inventaire après le décès de Pierre PRAT est réalisé par Maître BARDET, notaire à Saint Denis, le 8 septembre 1820, suivi d’un acte de notoriété rectificatif reçu par Maître LEBEL le 18 décembre 1835 pour corriger PRAX en PRAT.

Antoine LAVIALLE et Gabrielle Caroline PRAT habitent ensemble à Paris au 16 rue Saint Gilles en 1847.

Gabrielle est indiquée comme étant la seule héritière de la propriété de ses parents, sa sœur, Françoise Pierrette Alexandrine PRAT, était donc déjà décédée lors de la revente du Chariot d’Or fin 1847 à Jean Pierre DAUPHIN et son épouse Marie Angélique GOARD.

Gabrielle et Antoine LAVIALLE restent à Saint-Denis au 9 Grande rue Saint Marcel où ils finiront leur vie. Gabrielle décède à 66 ans en 1872 et Antoine à 88 ans en 1880.

On leur connait deux enfants nés à Aurillac, dont un garçon Pierre Antoine Émile LAVIALLE qui décèdera jeune, à 25 ans, en 1860 à Paris rue de la Muette.
Leur fille ainée Marie Françoise LAVIALLE restera également dans la maison familiale de Saint Denis jusqu’à son décès en 1910.

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