Séance de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture au Louvre vers 1717
Madeleine BENEVAULT, veuve de Jean MOYREAU (1690 – 1762) acquiert le Chariot d’Or le 28 mars 1765 détenu par Renée CHAUSSARD, elle-même veuve d’Edmé Nicolas BAUDRY, le tout suivant contrat passé devant Maître LEGAY l’aîné, notaire à Paris. Madeleine est veuve depuis 3 ans et n’habite pas les lieux qui constituent plus une rente pour elle et ses deux filles, tout comme cela sera le cas pour certains des propriétaires suivants.
Madeleine est la fille unique de Pierre BENEVAULT (1685-1767) et de Marie Madeleine LEMAIGRE de LIZY (1690 – 1740). Son père Pierre fut peintre, et professeur à l’Académie Saint Luc – académie qui laissa la place à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture.

par Pierre BENNEVAULT – 1759
Son père fut notamment pendant un an, en 1716, parmi les aides du peintre portraitiste Hyacinthe RIGAUD (1659 – 1743), dont le portrait de Louis XIV est une de ses œuvres les plus célèbres:

La famille de Marie-Madeleine compta ainsi plusieurs peintres dont son père Pierre BENNEVAULT, ses oncles Nicolas et Antoine BENEVAULT et un maître sculpteur via son oncle maternel Michel LEMAIGRE de LIZY, également conseiller de l’Académie de Saint Luc.
En octobre 1739, la jeune Madeleine BENEVAULT épouse Jean MOYREAU, célibataire de 49 ans, de près de 20 ans son ainé. Jean est entré trois ans plus tôt à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Peut-être se sont-ils rencontrés par l’intermédiaire de Nicolas BENEVAULT, oncle de Madeleine et peintre du Roi, également membre de l’Académie Royale.
Jean et Madeleine habitent en 1740 rue Galande à Paris dans le Vème arrondissement. Ils ont 2 filles, Marie Anne Madeleine MOYREAU née vers 1742 et Charlotte MOYREAU vers 1748.

Musée des Beaux-Arts de Paris, Petit Palais

Jean MOYREAU naquit à Orléans le 16 janvier 1690 d’une famille de commerçants, Jean MOYREAU et Madelaine DUPRÉ. Son père Jean était marchand de toiles comme précisé dans la biographie ci-dessous:

A Orléans, Jean MOYREAU fut l’élève du peintre BOULLOGNE l’aîné puis vint étudier à Paris et entra à l’académie de Peinture et de Sculpture fin 1736. On retrouve dans l’étude critique très détaillée de son œuvre, réalisée par le peintre graveur orléanais Émile DAVOUST (1845 – 1890) en 1886, le récit de sa candidature à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture:

Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5731927k/f121.item

Il fut parmi les graveurs du Roi Louis XV et exposa ainsi régulièrement au Salon (créé par Mazarin pour les peintres agréés de l’Académie).

Il réalisa notamment des gravures reproduisant les œuvres des peintres WOUVERMANS et WATTEAU.

Les œuvres de MOYREAU seront parfois l’objet de critiques vives, notamment dans ce livre de 1882 écrit par Roger PORTALIS et Henri BERALDI, les graveurs du dix-huitième siècle (page 208) :
Jean MOYREAU décède en son dernier domicile parisien du VIIIème arrondissement, un appartement qu’il louait rue des Mathurins pour quatre vingt douze livres et dix sols (Source: transcription de l’inventaire après décès de Jean MOYREAU par Stéphan PERREAU), le 26 octobre 1762 à l’âge de 72 ans.
Madeleine devient alors la tutrice de leurs deux enfants. Sans doute achète t’elle le Chariot d’Or trois ans plus tard pour réinvestir l’héritage de son défunt mari.
Dans le Dictionnaire des Peintres et Graveurs de l’anglais Michael BRYAN (1889), il est fait référence à des assiettes gravées dans les années qui ont suivi le décès de Jean et signées « J.A.M. » ou « M.A.M. » MOYREAU; peut être s’agit-il de travaux réalisés par sa fille Marie Anne Madeleine ?
Marie Madeleine BENNEVAULT revend le Chariot d’Or le 16 mars 1775 – par contrat enregistré chez Maître LEBRUN, notaire parisien – à la famille GRANDIN, aubergistes de Longjumeau, qui y vivront de longues années, tel que retranscrit dans un des actes de vente ultérieurs:

Nous perdons ensuite la trace de Marie Madeleine BENEVAULT et de ses deux filles Marie Charlotte et Marie Anne.






